Il existe une idée fausse concernant les finances qui incite les gens à croire que ce sont les décisions financières importantes qui déterminent la situation financière d’une personne. Par exemple, disposer de beaucoup d’argent pour investir ou acheter une maison. Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise nouvelle, c’est que, le plus souvent, ce ne sont pas les grandes décisions, mais plutôt les petites décisions financières quotidiennes qui maintiennent une personne dans la pauvreté. Même une personne qui gagne bien plus que le salaire moyen aura des difficultés financières si elle ne dépense pas judicieusement. Voici le hic (ou la bonne nouvelle). Il suffit de mettre en place de petites habitudes financières saines, à la portée de tous, pour mener une vie financière saine.
Voici un aperçu plus détaillé de 10 habitudes financières qui pourraient, sans que vous vous en rendiez compte, vous maintenir dans une situation précaire, et comment vous en libérer.
1. Se payer en dernier
Une habitude qui nuit vraiment au bien-être financier est de se payer en dernier. C’est le cas lorsque toutes les dépenses obligatoires (loyer, factures, dettes, nourriture) vident le compte bancaire le jour de la paie avant de pouvoir épargner quoi que ce soit. Les personnes qui se paient en dernier se retrouvent souvent à vivre perpétuellement d’un salaire à l’autre.
La solution : donnez la priorité à votre propre rémunération en plaçant d’abord de l’argent sur votre compte d’épargne, puis utilisez le reste de votre salaire pour vivre. Une bonne règle de base consiste à allouer au moins 10 % de votre salaire à un fonds d’épargne ou d’investissement, mais chaque petit montant compte. Même en épargnant seulement 10 dollars par semaine, vous obtiendrez une somme substantielle au fil du temps.
Beaucoup de gens trouvent utile de mettre en place un système d’épargne automatique. Ils demandent à leur entreprise de verser les fonds dans un REER ou mettent en place un virement automatique. Transférer immédiatement l’épargne hors du compte bancaire (ou la contourner complètement) car il réduit le risque de la dépenser.
2. Sous-estimer les petites dépenses
Le « facteur latté » est bien réel. C’est ainsi que les économistes comportementaux appellent les achats quotidiens apparemment insignifiants qui s’accumulent rapidement. Ceux qui ne prêtent pas attention aux petits achats comme le café quotidien ou un abonnement inutilisé passent à côté de nombreuses occasions d’améliorer leur situation financière, souvent sans même s’en rendre compte.
La solution : heureusement, il existe une solution simple au facteur latte. Vérifiez régulièrement vos relevés bancaires et notez ces dépenses apparemment insignifiantes. Le simple fait de prendre conscience de la somme d’argent consacrée à ces dépenses suffit à inciter quelqu’un à réorienter ces fonds vers quelque chose de plus judicieux sur le plan financier, comme l’épargne ou les investissements.
3. Céder à la tentation
On peut être tenté de définir le succès par le biais de marques ou du coût d’un produit. Une autre version de cette tendance consiste à se récompenser pour un travail bien fait. Bien qu’il soit louable de se récompenser et que tout le monde mérite d’être récompensé, cela devient préoccupant lorsque le coût de la récompense est disproportionné par rapport au revenu. Obtenir une augmentation est un terrain fertile pour ces tentations. Beaucoup tombent dans le piège de l’inflation du mode de vie. C’est lorsque les revenus supplémentaires sont consacrés à des dépenses somptuaires et que la personne finit par manger plus souvent au restaurant ou acheter des choses dont elle n’a pas besoin. Ces habitudes épuisent les ressources sans contribuer activement à la constitution d’un patrimoine.
La solution : une solution efficace consiste à redéfinir ce que signifie le succès pour vous. Au lieu d’une voiture de luxe ou d’un nouveau téléphone, récompensez-vous plutôt en épargnant ou en investissant. Prenez l’habitude de différer la gratification et investissez dans des actifs qui prennent de la valeur avec le temps.
4. Avoir des dettes à taux d’intérêt élevé
De nombreuses personnes tombent dans le piège de considérer les cartes de crédit comme un mal nécessaire ou un outil, plutôt que comme un fardeau financier. Le paiement du montant minimum dû sur une carte de crédit vous enferme dans un cycle d’endettement. Les taux d’intérêt des cartes de crédit, qui oscillent souvent entre 20 % et 25 %, épuisent vos finances grâce aux intérêts composés. Par exemple, un solde de carte de crédit de 5 000 $ non remboursé peut coûter entre 1 000 $ et 1 250 $ par an, rien que pour le maintenir actif et à jour.
La solution : donnez la priorité au remboursement des dettes à taux d’intérêt élevé le plus rapidement possible. Si vous ne pouvez pas vous permettre de payer quelque chose en espèces ou par carte de débit, ne l’achetez pas à crédit. De plus, essayez de maintenir votre taux d’utilisation du crédit (le montant du crédit utilisé par rapport au crédit disponible) en dessous de 30 % car si vous vous approchez trop de votre limite, cela peut nuire considérablement à votre cote de crédit.
5. Éviter l’éducation financière
La santé et la résilience financières découlent de la compréhension du fonctionnement fondamental de l’argent. Le manque de connaissances financières de base conduit à se fier à son intuition ou à simplement suivre ce que font les autres. Cette procédure crée souvent un cycle de difficultés financières.
La solution : prenez l’habitude de consulter régulièrement des contenus sur la gestion de l’argent. Même de petites doses d’éducation financière peuvent contribuer à changer votre relation avec l’argent et votre situation financière. Cela dit, toutes les formations financières ne se valent pas. Assurez-vous d’apprendre auprès d’une personne qui possède l’expertise nécessaire pour étayer ses enseignements. Les principaux domaines à aborder pour commencer sont la budgétisation, les intérêts composés et la gestion de la dette.
6. Vous effectuez tout le travail difficile
Le travail acharné est important et mérite d’être salué, mais ne mettez pas toute la pression sur vous-même. Faites également travailler votre argent. Il existe deux façons de s’assurer que votre argent rapporte : ne pas le gaspiller en dépenses inutiles et l’investir dans des activités qui permettent de constituer un patrimoine, comme l’investissement.
La solution : concentrez-vous moins sur le montant de vos revenus et davantage sur ce que vos revenus peuvent vous rapporter. Il ne s’agit pas de ne pas dépenser, mais d’être judicieux dans vos dépenses. Un cours peut coûter 1 000 $, mais s’il vous permet d’utiliser les compétences acquises pour gagner 5 000 $, c’est de l’argent bien dépensé.
7. Ne pas planifier l’avenir
L’un des plus grands obstacles à la santé financière est de ne pas planifier l’avenir. Les imprévus de la vie sont souvent coûteux. Ne pas s’y préparer les rend généralement encore plus coûteux, car nous finissons par nous endetter pour les payer. Ne pas avoir d’économies mises de côté pour ces dépenses imprévues vous place dans une situation financière très vulnérable.
Un autre élément clé à prendre en compte lorsque vous planifiez votre avenir est la retraite. Attendre trop longtemps pour commencer à épargner en vue de la retraite signifie passer à côté des revenus passifs générés par les intérêts composés.
La solution : faites-en une priorité de constituer des fonds pour les dépenses imprévues, comme un fonds d’urgence et un fonds d’amortissement. Il est recommandé de mettre de côté au moins trois mois de revenus comme fonds d’urgence. Six mois, c’est encore mieux. Le montant que vous mettez de côté pour les fonds d’amortissement dépend de vos objectifs et de vos besoins financiers. Enfin, en matière de retraite, n’oubliez pas que chaque dollar épargné tôt vaut bien plus qu’un dollar épargné plus tard.
8. Prendre des décisions financières émotionnelles
Lorsqu’elles sont motivées par la peur, la cupidité ou d’autres émotions fortes, les décisions financières aboutissent rarement à des résultats positifs. Il s’agit par exemple de tenter une dernière fois sa chance à la machine à sous ou de faire des achats impulsifs et importants en raison d’une « offre à durée limitée ».
La solution : prenez toujours du recul et prenez des décisions éclairées qui vous aideront à atteindre vos objectifs et à vivre selon vos valeurs. De plus, si vous vous adonnez à des loisirs, assurez-vous qu’ils sont pris en compte dans votre budget; les loisirs doivent être source de détente, et non de stress financier, en particulier s’ils impliquent de contracter des dettes à taux d’intérêt élevé (comme le financement d’un bateau).
9. Négliger votre santé et vos relations
Une mauvaise santé est l’un des facteurs financiers les plus obscurs, mais très réels. Une mauvaise santé entraîne des frais médicaux, des heures de travail perdues et une baisse de productivité. Considérez les soins préventifs, tels que l’exercice physique régulier et une alimentation nutritive, comme une forme de plan d’épargne à long terme. Car un plan qui contribue à réduire les futurs coûts de santé et vous permet de rester financièrement productif.
Les relations sont un autre domaine moins évident qui peut avoir un impact significatif sur vos finances. Fréquenter une personne qui ne comprend pas ou ne respecte pas l’argent peut causer un stress émotionnel et financier, conduisant à des conflits qui sont souvent cités comme l’une des principales causes de rupture et de divorce.
La solution : privilégiez un mode de vie sain pour assurer votre résilience financière. Assurez-vous d’être compatible sur le plan financier ou, à tout le moins, de vous comprendre mutuellement avec votre partenaire, en harmonisant vos objectifs et vos habitudes financières afin d’éviter les tensions.
10. Laisser la peur ou la complaisance dicter vos actions
La peur de l’échec, du rejet (comme demander une augmentation) ou d’investir peut vous maintenir dans votre zone de confort financier. La complaisance, comme laisser vos économies sur un compte traditionnel à faible taux d’intérêt qui ne rapporte pratiquement rien, signifie que votre argent perd de la valeur en raison de l’inflation. Jouer la carte de la sécurité conduit souvent à manquer des opportunités.
La solution : prenez des risques calculés et acceptez d’apprendre de vos erreurs, en vous rappelant que la croissance se produit en dehors de votre zone de confort. Automatisez votre épargne et vos investissements pour garantir des contributions régulières et éliminer les émotions de l’équation. De plus, ne vous contentez pas de répéter les mêmes gestes lorsqu’il s’agit de votre budget. Revoyez-le régulièrement et apportez des ajustements qui correspondent à vos objectifs financiers actuels. Vous encouragerez ainsi une autre bonne habitude financière, celle de consacrer davantage de ressources au remboursement de vos dettes.
Conclusion
Pour rompre avec ces habitudes financières qui maintiennent une personne dans la pauvreté, il faut être attentif, déterminé et stratégique dans la gestion de vos ressources. Il peut être tentant de penser qu’un gain inattendu est le seul moyen d’accéder à la liberté financière. En réalité, des changements cohérents et réfléchis se sont avérés plus efficaces pour améliorer la situation financière d’une personne.
Si votre plan pour adopter de bonnes habitudes financières comprend le remboursement de vos dettes, nos conseillers en crédit peuvent vous aider. Ils évaluent votre situation financière globale, puis discutent avec vous de la meilleure façon de vous désendetter en fonction de votre situation particulière.
